24 LA FEMME DU CHEF.
UNE LEÇON DE MORALE AU CHEF.
Le féminisme est loin d'être un phénomène moderne.
Il y a de cela très longtemps, un chef d'un grand royaume était un défenseur chevronné de la cause féminine.
Quiconque se hasardait à traîner une femme en justice chez lui était automatiquement puni car pour lui la femme a toujours raison.
Cette attitude ne plaisait pas aux gens, mais personne n’osait se plaindre.
La favorite du chef non plus ne partageait les idées de son mari.
C’est ainsi qu'elle promit à un homme, qui venait d’être injustement puni par le chef dans une affaire conjugale, de le venger.
Aussitôt dit, aussitôt commença l’échafaudage d’une stratégie de vengeance.
La femme du chef prit une poupée qui avait la taille d'un bébé, le porta au dos et alla puiser l’eau au marigot.
Elle détacha la poupée et le jeta dans l’eau, courut ensuite comme une folle au palais et cria au chef :
« Notre cher bébé est tombé dans le marigot, il est en train de se noyer, Chef, il faut faire quelque chose.
Sinon ».
En réponse à ces cris, le chef se mit à courir en direction du marigot pour sauver l’enfant.
Pendant ce temps, la femme rentre chercher son enfant qu’elle avait soigneusement couché dans la case avant de crier au secours.
Quand les habitants sortirent, elle pointa le doigt en direction du marigot et signifia que le chef était devenu fou parce qu’il est parti au marigot pour chercher le bébé alors que le bébé est là.
Les gens qui voyaient la femme avec le bébé ont accouru au marigot et ont entendu le chef vociférer et répéter « mon enfant est dans l’eau ».
Ils ont vite été convaincus qu’il était devenu vraiment fou.
De concert avec les sujets, la femme obtint qu’on garde le chef en surveillance dans une maison isolée.
Après quelques instants, elle y entra et resta seule avec le chef.
Elle y resta le temps de préparer une boisson à base de farine de mil que son mari affectionnait tant.
Elle prit soin de verser quelques gouttes de ses propres urines dans la boisson sous le regard du chef.
Ensuite, elle ressortit avec la boisson et la remis publiquement aux serviteurs d’aller donner au chef.
Ce dernier qui avait vu la femme y verser ses urines, refusa catégoriquement de la boire :
« Comment voulez-vous que je boive les urines de ma femme ?
Disparaissez devant moi avec cette boisson ».
Les serviteurs et les sujets qui ne savaient pas ce que la femme avait posé comme acte, conclurent que l’état de santé du chef était critique.
Et la favorite d’ajouter :
« Je ne vous avais pas dit que le chef était sérieusement malade.
A mon avis, il faut même qu’on attache le chef sinon non seulement les autres femmes et moi sommes menacées mais également tout le monde.
 »
C’est ainsi que le chef fut ligoté pendant une semaine dans sa case.
Au bout de la semaine, la favorite décida d’arrêter ses mensonges.
Elle ordonna aux gardiens et autres sujets qui s’occupaient du chef de regagner leur domicile respectif prétextant que la santé du chef avait connu une amélioration.
Quand elle fut seule avec le chef, elle retraça à ce dernier tous ses montages et mensonges avant de signifier qu’elle l’avait fait pour le corriger.
Car souvent, les femmes à qui il donnait chaque fois raison mentaient.
C’est pourquoi le chef devait être avisé pour mieux rendre les jugements.
Depuis ce jour, le chef comprit que la femme est aussi capable du mal comme du bien.
Il comprit également que le chef doit rendre justice sans parti pris.
Il se plia également à l’adage suivant des grands parents : « Ce sont les femmes qui font et défont le monde, qui accouchent et qui tuent et enfin qui teintent et qui « déteintent » les masques ».