23 LA VIEILLE FEMME ET L’ASSASSIN DE SON ENFANT.
LE PRIX DU PARDON.
Le pardon est une vertu humaine difficile à acquérir, car qui pardonne pose un acte souvent jugé surhumain.
Il y a par exemple des crimes difficilement pardonnables.
Dans un village relativement gros, vivait une vieille femme.
Elle n’avait pas eu beaucoup d'enfants.
Car les mânes de la procréation ne lui furent pas très généreux.
En tout et pour tout, elle n’avait eu qu’un seul fils.
Il s’occupait bien de sa mère.
Un jour de marché, un voleur fut pris en flagrant délit.
Il venait de tuer un homme qui vendait ses marchandises au marché.
Tout le village se mit à le poursuivre pour l’abattre.
Quand le voleur s’est rendu compte que sa vie était en danger parce qu’il ne pouvait plus échapper à la colère de la foule, il se glissa dans une case.
Là il demanda un pressant secours.
C’était chez la vieille femme.
Elle eut pitié du voleur et le cacha bien.
Quelques instants après, on tapa à la porte de la vieille femme et on lui annonça que son fils venait d’être tué par un voleur qui, après son forfait, s’est enfui.
Elle fut profondément attristée par la nouvelle.
Le voleur se rendant compte de la bêtise, sortit de sa cachette et proposa de se livrer.
Mais la femme refusa en soutenant que si cela était arrivé, c’est que, c’est le bon dieu qui l’a voulu.
Pour elle, rien ne pouvait échapper ou étonner le bon dieu.
Elle ajouta, pour convaincre le voleur de ne pas se livrer, que l’humanité enregistrerait deux pertes en vie humaine si la foule venait à l’écraser :
« Mon fils a été tué et toi tu te feras écraser, quel gâchis !»
Elle hébergea le voleur jusqu’à la tombée de la nuit et le couvrit jusqu’à ce qu’il quitte le village sans être inquiété.
Elle resta malheureuse et seule durant le reste de sa vie et la mort finit par l’emporter.
Quand elle fut enterrée, elle se réveilla dans une autre contrée où elle vit son fils diriger un très grand royaume, disposant d’un grand palais contenant toutes les différentes richesses de ce monde.
Elle fut heureuse et le bonheur qu’elle n’avait jamais vécu de son vivant lui était servi chaque jour au palais.
Nous sommes tentés de dire que le bonheur s’acquiert par le pardon et pour y arriver, il faut savoir perdre pour mieux gagner.