27 LE SINGE ET LES LIONCEAUX.
Une leçon de morale au roi.
Fils du roi de la forêt, un lionceau est un prince parmi tous les petits animaux de la contrée.
Comme tout bon prince sur le territoire de son père, il n’y a pas de zone interdite.
C’est dans cette logique que les petits du lion se baladaient partout et se pavanaient dans tous les coins de la forêt, car leur père leur avait rassuré que rien ne leur arriverait.
Chaque jour, les lionceaux étaient abandonnés à eux-mêmes.
Seulement cette liberté ne plaisait pas au singe.
C’est ainsi qu’à chaque fois qu’il rencontrait les petits lionceaux, rodant seuls, il leur faisait la morale :
« Dites à votre père de mieux s’occuper de vous en essayant de vous encadrer.
Sinon, un jour vous pourrez être victime d’un hors la loi ».
Mais quand les lionceaux rendaient compte à leur père, celui-ci rougissait et répondait :
« Bêtise !
Ce petit prétentieux saura de quel bois je me chauffe si je le croise.
Qui osera toucher à un des poils de l’un de vous ?
Je suis le roi de la forêt et vous, mes enfants, êtes des princes de ce lieu.
Celui qui ose, verra qu’on n’offense pas les princes sur le territoire de leur père.
On dit généralement que rien n’arrive à un petit scorpion gisant sur le dos de sa mère ».
Les petits retournaient chaque fois dire au singe que le lion n’avait peur de personne et qu’ils étaient en sécurité.
Comme cela se répétait, le singe décida de montrer au roi lion que « le plus fort n’est jamais assez fort pour dominer les autres que s’il transforme souvent son droit en devoir ».
Il chercha des fouets (bois verts), saisit les lionceaux dans leur errance et les frappa de telle sorte qu’ils perdirent connaissance.
Au même moment, le lion survint.
Le singe sauta sur les branches de l’arbre le plus proche.
Le lion qui ne pouvait pas y accéder se mit à rougir autour.
Il finit par se fatiguer et partit sans pouvoir se venger.
Le singe donna par-là la preuve que quel que soit le pouvoir qu’on a, il faut toujours le subordonner à la prudence.