17 UN TIENS VAUT MIEUX QUE DEUX TU L'AURAS.
« Les hommes mossé sont autoritaires, ils ne sont pas galants avec les femmes ».
Cette phrase on l’entend des lèvres des gens de notre siècle où souffle le vent de l’émancipation.
De même, on attend souvent les hommes mossé dire :
« La femme est un être aux cheveux longs mais aux idées courtes ».
Nous avons mêmes été témoins des propos suivants d'un homme moaga :
« La seule erreur que Dieu a commise c’est d’avoir créé la femme, problématique de l’homme, avec ses deux armes sophistiquées qui sont :
son sexe et sa bouche ».
Bien sûr, nous ne partageons pas ces paroles excessives, mais il y a des fois où un est entraîné à les dire.
En voilà un exemple.
Un homme et sa femme vivaient harmonieusement.
L’époux faisait toujours preuve d’attachement franc à sa famille car il assurait quotidiennement sa responsabilité familiale.
Cela ne veut pas dire qu’il avait le pouvoir de satisfaire tous les besoins de la famille.
Il était un homme de modestes moyens.
Mais pour les choses essentielles, il y parvenait.
La fête au village était un moment idéal pour certains de faire étalage de leur richesse.
Mais pour ceux qui se débrouillaient comme notre homme, c’était une période de cauchemar.
Pire, le « Kinoodo » (fête de la lune organisée après les récoltes) le trouva dans une difficulté financière jamais égalée.
En tout et pour tout, il n’avait pu s’acheter qu’un poulet et un plat de riz pour sa petite famille.
Quand il les apporta à sa femme, celle-ci se fâcha, insulta son mari en le traitant de tous les maux.
Au regard de la cuisine des autres femmes nanties du village, elle trouva humiliant l’effort de son mari.
Sans autres mesures, l’homme n’a fait que se taire tout en espérant que les années à venir, il aurait la chance de couvrir sa famille de tout ce dont elle aura besoin.
Cette maîtrise de soi et ce silence n’ont fait qu'irriter davantage la dame.
Elle déposa les condiments, et décida d’aller fêter chez ses parents au lieu de rester avec un mari incapable.
Elle le signifia à son mari et se précipita d’ajouter que chez ses parents, elle mangera au moins la viande de bœuf ou de mouton.
Elle prit la route et une heure après, elle arriva dans son village natal.
Quand elle arriva dans la concession paternelle, elle remarqua un silence pesant qui ne présageait rien de festif.
Et quand elle ouvrit la porte de la case, son père se mit aussitôt à l’insulter :
« C’est qui, c’est quel imbécile qui a ouvert la porte ?
C’est quoi comme cela ?
» En effet, son père avait tendu un piège aux souris en espérant ainsi agrémenter la soupe du repas de la fête.
Maintenant qu'elle avait ouvert la porte, l’espoir de son père s’est effondré.
La femme comprit dès cet instant qu’elle n'avait pas besoin de longues explications pour comprendre que chez ses parents aussi l’heure n’était pas à la bombance.
Elle se replia sans même attendre que ses parents sortent de leur cachette de chasse aux souris.
Elle précipita les pas dans l’optique de ne pas être en retard chez son mari car on ne sait jamais.
Quand elle retrouva tout cela en place, elle fut comblée de joie et elle prépara tranquillement son repas qu’elle dégusta avec ses enfants sans même attendre son mari.
Elle comprit la bonne leçon qu’« un tiens vaut mille fois mieux que deux tu l’auras », elle comprit aussi que la vie « c’est un peu de pain, un peu d’eau et de quoi dormir pour être heureux. »