16 LE FLAGRANT DÉLIT D‘ADULTÈRE.
La femme, dans les sociétés traditionnelles africaines, est considérée comme une fierté de l’homme au point que les gens disent que les hommes prennent les femmes pour leur propriété.
L’homme, à cause de sa fierté, son honneur et sa dignité, est prêt à tout pour garder sa femme pour lui et lui seul.
Comme l’adage le dit « on peut tout partager sauf une femme ».
Il était une fois une femme qui provoqua de chaudes disputes conjugales.
Mais rien de tout ceci n’affecta le comportement de l’épouse.
L’époux cocu entrepris d’en parler aux parents et amis.
Mais personne ne réussit à faire changer la femme de comportement.
Elle continuait d’être généreuse avec ses multiples amants.
Les scènes de ménage ne finissaient jamais dans ce couple.
L'entourage avait commencé par penser que l'homme exagérait.
Conscient de ce fait, il résolut de ne plus en parler et de se plier au bon vouloir de sa femme qui convolait de conquêtes en conquêtes.
À l’approche de la fête des récoltes, tout le village se mit aux préparatifs.
L’homme s’y met aussi et trouva le mil pour la préparation du dolo (bière de mil).
Mais sa femme s'y était négligemment impliquée puisqu’elle avait même refusé de faire germer le mil.
Finalement elle accepta d’engager la préparation du dolo qui devrait durer trois jours, le troisième jour étant le jour de la fête.
À la veille du jour J, elle alla passer la nuit avec un de ses amants.
Cela fut tellement plaisant qu’elle fut surprise par le petit matin.
Pourtant dans cette société, une femme qui est prise en flagrant délit d’infidélité devient un paria car elle sera indexée par tous et même ses enfants n'échapperont pas aux injures de toutes les langues.
Quand elle sursauta du lit de son amant, elle ramassa quelque chose qui lui servit de foulard mais elle s’était souciée peu de la nature de ce foulard.
C’est justement là que la preuve de son infidélité va se mettre à grand jour.
Dans la précipitation, c’était le slip de son amant qu’elle avait attaché comme foulard.
Une fois au domicile conjugal, elle feint d’être très gentille avec tout le monde puisqu’elle était convaincue que personne ne peut se rendre compte de son acte.
Mais tout le monde la regardait avec un air ahuri sans qu'elle ne s’en aperçoive.
Ce fut l'occasion pour son mari de finir avec toutes les supputations qui ne lui donnaient plus raison sur le comportement de son épouse.
Comme on le dit chaque fois :
« Le voleur peut avoir tous les jours en sa faveur mais un seul sera celui du propriétaire ».
Autrement, le mauvais acte finit par se savoir quel que soit la durée du temps.
Plus précisément, on dit que « le mensonge a de courtes pattes ».
Alors, le mari cocufié demanda en ces termes à sa femme d’aller remettre une calebasse de dolo au doyen de la famille :
« Bon !
Tu remettras le dolo au doyen, tu lui diras que je lui souhaite une très bonne fête.
Qu’en outre, je l’invite à regarder lui-même et de constater les faits.
Si c’est bon pour lui, ce serait bon désormais pour moi ».
Il insista auprès de sa femme pour que la commission soit transmise comme formulée.
La femme qui ne se doutait de rien et d’ailleurs qui voulait paraître gentille pour masquer son sale comportement de la veille, transmit fidèlement la commission.
Elle n'a même pas remarqué que les gens s’attardaient sur son drôle de foulard.
Elle revint et fit le compte rendu :
« Le doyen te remercie et il me dit de te dire qu’il a compris mais comme on ne conseille jamais à quelqu’un de pleurer même s’il a raison, de garder courage sinon que cela vaut la peine ».
Son mari l’envoya encore chez sa tante avec les mêmes propos accompagnés de la calebasse du dolo pour souhaiter la bonne fête.
La scène s'est répétée avec les amis, les voisins et tous ceux qui étaient impliqués dans leurs bagarres conjugales.
Quand elle revenait de sa dernière course, une femme du village l’appela et lui fait des remarques sur son foulard.
Lorsqu’elle l’enleva pour l’examiner de près, elle s’est rendue compte qu’elle venait de se vendre.
Elle comprit alors les propos déguisés de son mari.
Elle était devenue couverte de honte.
Depuis ce jour, elle éprouva des difficultés à mettre les pieds dehors encore moins à aller rencontrer des amants.